La musique, source d’émotions, de création, de passion est un langage. Pour le comprendre et l’utiliser, il existe, comme pour tout langage, une grammaire, des signes et des codes spécifiques qui sont communs à tous les instrumentistes ou chanteurs.

 
Le solfège, ou plus précisément la « Formation Musicale », comme son nom l’indique, est une formation générale, qui donne le mode d’emploi, les « clefs » , les « règles du jeu » et « forme » l’oreille ; exactement comme vous et moi avons appris, un jour, à parler, lire et communiquer.
 

Certes, sans solfège, on peut jouer d’un instrument. C’est souvent le cas dans le jazz, il s’apparente au « langage parlé », un langage de tradition presque uniquement « oral » qui fait appel à l’improvisation. Les partitions, quand elles existent, sont succinctes et ne comportent que de brèves indications, un thème et quelques points de repaires chiffrés.

En ce qui concerne l’Ecole de Musique et son apprentissage instrumental, il faut que le jeune artiste comprenne le texte qu’il a devant les yeux. D’où, généralement, une année de formation musicale avant la pratique instrumentale est préférable. Il semble toutefois possible de tenter directement l’apprentissage de l’instrument dès la première année, comme cela se pratique dans certains endroits.

Pour produire un son il faut déclencher une action, un geste. Ce geste musical est donc provoqué par la lecture et la représentation, dans le cerveau, d’un signe ou d’une phrase musicale. Un musicien qui n’ « entend » pas, qui ne sait lire et comprendre le texte, ne pourra que difficilement se libérer des contraintes techniques instrumentales. De plus, pour réaliser pleinement la musique, quel que soit l’instrument, il est indispensable de « chanter » simultanément la mélodie dans la tête, avec la justesse des notes.

L’oreille, par les dictées et le chant, se forme progressivement grâce, entre autres, au chant pratiqué en collectif au cours de formation musicale. S’il est difficile de soutenir les enfants pour les dictées musicales à la maison (bien que des cassettes et des logiciels existent) il est absolument essentiel qu’ils étudient la lecture de notes et du rythme.

Pour progresser et ne jamais décrocher, un travail régulier de quelques minutes chaque jour est préférable à des épisodes longs et désordonnés dans le temps (idem pour l’instrument). Un enfant libéré des contraintes de lecture avancera plus vite à l’instrument. Un autre pourra être bloqué par ces mêmes contraintes non résolues. Ce sont ces connaissances, ces bases indispensables, certes, très abstraites pour les enfants de 7 ou 8 ans (mais quel enfant comprend très tôt, à l’école, l’utilité et le sens pratique de certaines disciplines), que professent les enseignants de « Formation Musicale ». Alors courage, ténacité, soutien et patience !

Le professeur d’instrument a un contact direct avec l’enfant ; l’élève peut alors lui demander un conseil avisé sur un point non assimilé ou non compris pendant le cours collectif de formation musicale.

 

Texte d’un journal de la Confédération Musicale de France.